Jane Eyre de Charlotte Brontë

JaneEyreJane Eyre, c’est le genre de roman qui traîne dans ma bibliothèque depuis des années sans que je me décide à le lire. C’est celui qu’on repousse toujours à plus tard parce qu’on a d’autres choses bien plus intéressantes à lire pour le moment mais qu’on garde quand même. Parce que c’est un classique et qu’il parait qu’il faut toujours connaître ses classiques.

Sauf que moi je n’aime pas me forcer. Je n’aime pas lire un livre parce que « il faut absolument l’avoir lu ». Du coup, Jane Eyre est resté la à prendre la poussière. Jusqu’à ce que Didine me pousse à le lire dans le cadre du challenge Livra’Deux pour pal’Addict.
Et grand bien lui a pris.

Parce que, bordel, qu’est-ce que je l’aime la petite Jane. Elle n’est peut-être pas jolie mais elle a du caractère et de la répartie ! C’est cette force qui la sauvera. En premier lieu de sa tante Reed méprisant cette jeune orpheline qui lui est tombée sur les bras, mais aussi de ses cousins qui l’ont transformée en souffre-douleur. Pour s’autoriser des instants de bonheur, elle préférera la monotonie austère du pensionnat de Lowood à l’opulence du foyer de sa tante. C’est aussi ce rejet de l’inertie qui lui fera quitter ce pensionnat à 18 ans pour devenir institutrice dans la maison des Rochester à Thornfield-Hall. Elle y fera la rencontre de Edward Rochester qui va bouleverser ses habitudes et ses croyances.

Jane Eyre, c’est l’histoire d’une femme qui se construit seule à une époque où le sexe faible n’a pourtant pas souvent son mot à dire quant à son avenir. Même s’il faut noter que le roman comporte très peu de personnages masculins importants (M. Brocklehurst, St.-John Rivers et, bien sûr, M. Rochester) tandis que les femmes fortes ne manquent pas ! Sous ses airs de romance, Jane Eyre recèle une critique féministe assez virulente de l’Angleterre du XIXe siècle. Jane incarne cette révolte sage mais certaine de toute une génération de femmes refusant l’autorité d’un homme sous prétexte de son sexe.

Il faut l’admettre, cette histoire d’amour a su raviver mon cœur desséché par trop de polar et de thriller, le tout rythmé par la plume élégante et poétique de Charlotte Brontë. Et pourtant, Jane Eyre n’est pas une simple histoire de cœur car la demeure des Rochester est entourée de mystères. Pourquoi entend-on des cris dans la nuit à Thornfield-Hall ? Qui est cet inconnu, débarqué en pleine soirée, qui s’est enfui le matin suivant couvert de sang ? Quelle erreur a pu commettre M. Rochester dans le passé qui l’empêche aujourd’hui d’être heureux ? Tant d’énigmes qui vous empêcheront de lâcher ce livre avant de l’avoir terminé !

Alors, même si j’ai parfois trouvé le comportement de Edward Rochester très limite, Jane Eyre mérite sa réputation. Quelques paragraphes sur la religion ont pu me lasser mais c’est un livre qu’il faut absolument replacer dans son époque et dans l’histoire personnelle de Charlotte Brontë qui, rappelons-le, est fille de révérend. Ce roman m’aura définitivement passionné du début à la fin. J’ai été fascinée par le courage de Jane et n’imaginais pas pouvoir reposer ce roman sans en connaître la fin.

Charlotte Brontë, Jane Eyre, Le Livre de Poche, 1984.Coup de coeur

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