Une disparition inquiétante de Dror Mishani

Dror Mishani - Une disparition inquiétante« Face à lui était assise une mère. Encore une. »

C’est sur ces mots que débute Une disparition inquiétante de Dror Mishani. Avraham Avraham, commandant de police de la banlieue de Tel-Aviv, ne prend au départ pas très au sérieux la disparition d’un adolescent de 16 ans, Ofer Sharabi. Le jeune n’en est pas à sa première fugue et Avraham tente de rassurer Hanna, sa mère.

Sauf que le lendemain, Ofer n’est toujours pas rentré, ni le jour suivant. Avraham lance alors une enquête pour disparition mais personne ne semble vraiment s’inquiéter, alors que lui-même à un mauvais pressentiment.

Dror Mishani m’a été vivement conseillé par une amie qui me la présenté comme une nouvelle voix du polar à suivre de très près. Avide de conseil, j’ai rapidement acheté le livre pour finalement être… Un peu déçue. J’ai du mal à retrouver le « suspense oppressant » dont parle l’éditeur. L’enquête sur la disparition du jeune Ofer démarre lentement : des interrogatoires, des battues, des recherches dans les hôpitaux, … Mais au bout d’une semaine d’enquête, rien de concret n’en ressort : pas d’indice, pas de témoin, pas de suspect. L’enquête piétine.

Il faut dire que j’ai été habituée à des ambiances plus sombres avec des auteurs tels que Donato Carrisi ou Deon Meyer qui ont une écriture plus saccadée, entrecoupée de rebondissements. Une disparition inquiétante est certainement plus proche de la réalité en ce qui concerne l’enquête de terrain, mais, du coup, il est aussi plus ennuyeux. La disparition d’Ofer semble même être un prétexte tant le personnage de Avraham Avraham prend le dessus sur tout. C’est d’ailleurs un magnifique portrait psychologique que nous dresse Dror Mishani d’Avraham, un policier à des années lumières des stéréotypes du genre. On finit par s’attacher à ce commandant de police aux méthodes parfois trop scolaires et complètement dépassé par les événements. Fait amusant : il prétend que si il n’y a pas de littérature policière écrite en Israël, c’est parce qu’ils ne s’y passe jamais rien de spectaculaire. Il passe aussi son temps libre à trouver toutes les erreurs d’enquête dans les séries policières qui passent à la télévision. Et pourtant, il va amèrement s’en vouloir pendant tout le récit : a-t-il perdu de précieuses heures de recherche en renvoyant Hanna Sharabi chez elle le soir où elle est venue déclarer la disparition de son fils ? Son sentiment de culpabilité est si important qu’il finit par accaparer tout le récit. Et puis, il y aura le doute : les parents lui ont-ils vraiment tout dit ? Qui est ce voisin un peu trop avenant avec Avraham ? Est-ce que tout le monde ment ?

La fin, il faut le dire, est surprenante et dérangeante ! De quoi compenser (peut-être?) le rythme un peu lent de l’enquête. Il n’est pas impossible que je m’intéresse au second roman de Dror Mishani, La Violence en embuscade, pour retrouver le commandant Avraham, mais pas tout de suite.

Dror Mishani, Une disparition inquiétante, Seuil, 2014.

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