Comme des rats morts de Benedek Totth

Décidément, l’adolescence en prend pour son grade ces derniers temps en littérature. Loin des nombreux clichés enjolivés sur cette importante période de transition, Benedek Totth nous dépeint une adolescence égoïste, destructrice, obscène et globalement désespérante.

Un cycliste écrasé lors d’une soirée de beuverie et abandonné sur le bas de côté de la route en début de roman donne directement le ton. Nos quatre adolescents blasés n’ont qu’un seul objectif : le plaisir immédiat. Drogues, porno, violence, sexe, tout y passe pour éviter l’ennui. Le meurtre du cycliste est vite oublié et apporte un sentiment d’impunité à notre quatuor qui repoussera rapidement toutes les limites.

Le narrateur, Danny et la Bouée partagent leur temps libre entre la piscine, les soirées et la maison de leur pote Greg. C’est lui qui a la thune, les jeux vidéos et la meilleure collection de porno de toute la ville. Ils invitent souvent des filles, celles qui se laissent faire, et ajoutent différents types de drogue au cocktail. On réalise vite que les personnages ne sont que des coquilles vides qui se côtoient uniquement pour ne pas être seul, leur amitié n’est qu’une façades qui ne demande qu’à s’effondrer à la moindre étincelle.

L’écriture du hongrois Benedek Totth est aussi violente et brute que l’histoire qu’elle décrit. La vulgarité y est omni-présente et se veut représentative d’une certaine jeunesse actuelle. Mais elle finit par alourdir le récit car elle n’apporte rien aux dialogues.

Alors oui, il y a un petit air de Trainspotting dans tout ça, mais avec un peu moins d’âme. On trouve, dans le roman d’Irvine Welsh, beaucoup d’espoir et une part d’humanité dans chacun des personnages. Les sales gosses de Benek Totth laissent peu de place à l’empathie et le lecteur comprend vite que cette histoire finira mal, tout l’intérêt porte justement sur le comment. Comme des rats morts est un roman choc qui, à travers le regard d’un adolescent désabusé, se veut aussi une critique d’une société où des parents démissionnaires confient l’éducation de leurs enfants aux jeux vidéos et au porno.

Benedek Totth, Comme des rats morts, Actes Sud, 2017.

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