Cinq bandes dessinées qui m’ont marquée

Il y a bien longtemps que je souhaitais faire un top 5 des BD qui m’avaient le plus marquée. Mais voilà, plusieurs bandes dessinées m’ont fait une forte impression et il a été difficile de n’en choisir que cinq pour cette sélection. Lues bien avant la création de ce blog, ces lectures méritent pourtant d’y figurer, même si ma mémoire me fait parfois un peu défaut pour restituer ces univers si particuliers.

  • Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Un roman graphique tout en nuances qui nous mène à la rencontre de Clémentine, une jeune ado dont la vie va prendre un tournant décisif après sa rencontre avec une mystérieuse fille aux cheveux bleus. Un simple regard obligera Clem à partir à la découverte d’elle-même, au delà de ce que tout le monde attend d’elle. Cette BD n’est pas une simple histoire d’amour rocambolesque, c’est le récit de la construction d’une relation, une vraie, avec ses petits bonheurs et ses galères quotidiennes. Je le conseille vivement, surtout à ceux qui n’ont pas apprécié son adaptation cinématographique, La Vie d’Adèle, car la plume de Julie Maroh traite avec beaucoup de justesse des sentiments, sans tomber dans le voyeurisme et les clichés.

  • Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Paul et Louise sont deux jeunes mariés que la Première guerre mondiale va séparer. Paul est envoyé au front mais son patriotisme a des limites et les horreurs de la guerre vont vite le pousser à déserter. De retour à Paris, il se cache dans une petite chambre où l’isolement aura rapidement raison de sa patience. Paul trouve alors un stratagème pour pouvoir à nouveau sortir au grand jour : avec l’aide de Louise, il va devenir… Suzanne. Pris dans un engrenage infernal, Paul ira loin dans l’appropriation de cette nouvelle personnalité, trop loin peut-être. Inspiré d’un fait réel qui a marqué les Années Folles, cette BD retrace l’histoire de ce couple qui s’est aimé et déchiré durant l’entre-deux-guerres, jusqu’aux limites de la folie. Un thème atypique et déroutant !

  • Melvile : L’histoire de Samuel Beauclair de Romain Renard

Ce premier tome de Romain Renard est de loin l’un des plus beaux romans graphiques que j’ai jamais lu. L’écrivain Samuel Beauclair décide de fuir ce qui constituait sa vie pour se réfugier à Melvile, dans une maison ayant appartenu à son père. Il espère y trouver la paix et l’inspiration pour son nouveau roman. Mais c’est sans compter sur l’ombre de son père et sur cette culpabilité constante qui ne l’abandonnent jamais. Une rencontre avec deux de ses voisins pourrait être la bouée de sauvetage qu’il attend désespérément. Une histoire touchante et intense qui prend au coeur, comme si on vous avait maintenu la tête sous l’eau trop longtemps.

  • Sukkwan Island de Ugo Bienvenu

Un père décide d’emmener son fils de 13 ans, Roy, dans un coin reculé de l’Alaska pour renouer avec la nature. On comprendra rapidement qu’il ne s’agit que d’un prétexte pour se père dépité pour tenter de reprendre son rôle de figure dominante auprès de Roy. Mais l’adolescent n’est pas dupe et les relations s’enveniment jusqu’à un retournement de situation bouleversant. Le roman Sukkwan Island de David Vann dont est inspiré la BD était déjà une perle en soi, mais Ugo Bienvenu a réussi à transmettre toute une nouvelle gamme d’émotions dans cette adaptation aux paysages magnifiques.

  • Trop n’est pas assez de Ulli Lust

L’auteure a 17 ans lorsqu’elle décide en 1984 de traverser illégalement la frontière autrichienne avec Edi, l’une de ses amies, pour passer l’été en Italie. Sans un sou en poche et avec pour seuls biens un sac de couchage, les vêtements qu’elles portent sur leurs dos et une détermination à toute épreuve, nos deux adolescentes vont entamer un périple de deux mois vers la Sicile. On retrouve une forte volonté de liberté dans les pages de cette biographie qui fait revivre l’esprit punk des années 80, mais malheureusement la petite balade idyllique va rapidement virer au cauchemar dans cette Italie machiste et gangrénée par la mafia. Un roman graphique fascinant qui nous ramène à une époque où il était plus facile de réaliser ses rêves, ou du moins d’essayer.

Et vous, quelles sont les bandes dessinées qui vous ont marqué ?
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Une réflexion sur “Cinq bandes dessinées qui m’ont marquée

  1. Mokamilla dit :

    Je partage totalement ton avis pour les albums de Maroh/Cruchaudet. La BD Sukkwan Island est forte mais j’avais lu le roman en premier ce qui rendait l’album peut-être moins percutant que le livre…

    J'aime

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