La Serpe de Philippe Jaenada

Avec La Serpe, découvrez le destin extraordinaire de Henri Girard, né en 1917. Un jeune homme solitaire et dépensier devenu par la suite un adulte incapable de supporter la moindre injustice, en particulier vis-à-vis de ceux qui peuvent difficilement se défendre. Entre ces deux extrêmes, une constante : Henri est un être compliqué. Colérique et tendre, égoïste et généreux. Il deviendra un célèbre écrivain sous le nom de plume de Georges Arnaud après la publication de son premier roman : Le Salaire de la Peur.

Mais un événement va marquer sa vie alors qu’il n’a que 24 ans : des meurtres sanguinaires dont le vrai coupable reste encore aujourd’hui un véritable mystère..

En 1941, Henri Girard mène une vie de farniente même si sa situation financière ne le lui permet pas. L’argent que lui envoie son père Georges et qu’il extorque à sa tante Amélie ne suffit plus. Il s’apprête à divorcer de sa première femme et convoite déjà la suivante lorsqu’il retourne au château d’Escoire, le domaine familial, pour y voir Georges et Amélie. Au matin du troisième jours, Henri découvre les cadavres horriblement mutilés d’Amélie, de Georges et de Louise, la bonne. Toutes les issues du château étant fermées de l’intérieur, le jeune Henri devient du jour au lendemain riche, et accusé de meurtres.

Contre toute attente, c’est Maurice Garçon, superstar du barreau et grand ami de Georges Girard, qui défendra Henri durant son procès. Il en est persuadé, condamner Henri pour le meurtre de son père serait la pire erreur judiciaire à laquelle il aurait jamais assisté. Au cours d’un procès qui fera le bonheur de la presse à scandale, la vie dissolue de notre pathétique héros est traînée dans la boue : ses relations tumultueuses avec son père et sa tante, ses colères noires, sa folie dépensière, son besoin constant d’argent. Et pourtant, malgré les conclusions accablantes de l’accusation, le jury déclarera Henri non coupable, après une délibération de seulement 10 minutes.

Henri est donc libéré, au mépris de l’opinion publique qui n’a aucun doute sur sa culpabilité. Et pourtant, Philippe Jeanada, après avoir calmement avancé tous les arguments utilisés contre lui durant son procès, va mettre la main sur des documents privés de la famille Girard. Lettre après lettre, une autre vérité s’installe. Et si Henri n’était pas l’être abominable que l’on a décrit ? Et si Maurice Garçon avait raison en clamant son innocence ? Mais alors, qui a tué les Girard ? Philippe Jeanada va se lancer dans une nouvelle enquête, plus de 70 ans après les crimes, et avancer une nouvelle hypothèse, troublante tant elle est crédible.

Le style est étonnamment fluide pour un compte-rendu aussi détaillé de la vie de Henri Girard. Tout comme pour ces précédents romans, Philippe Jaenada se met en scène en train d’écrire, le tout avec beaucoup de dérision. C’est un art de pouvoir parler avec autant d’humour d’un fait divers aussi sanguinaire. Et pourtant, l’auteur s’en sort au la main et reste dans un équilibre parfait entre plaisanterie, digressions et sérieux tout au long du récit.

Philippe Jeanada, La Serpe, Editions Julliard, 2017.

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