Josephine Baker de Catel et Bocquet

 Cette nouvelle biographie du duo Catel et Bocquet est une surprise totale. Surprise d’abord de découvrir une vie si riche. Je ne connaissais finalement de Joséphine Baker que les clichés que l’on véhicule encore aujourd’hui. Et pourtant, elle a successivement été une figure de l’émancipation féminine, de la lutte contre la ségrégation raciale, de la protection de l’enfance et de l’humanisme en général. Une vie bien remplie que les auteurs ont tenté de résumer en 564 pages, un véritable pari.

Les auteurs nous invitent à (re)découvrir une femme qui a su se créer un univers bien à elle et devenir, en quelques années, la première star noire au niveau mondial.

Au début des années 20, en Europe, les Années Folles sont le symbole d’une France qui tente d’oublier les horreurs de la Grande Guerre. Le jazz, apporté par les Alliés, fait son apparition et la culture afro-américaine fascine les parisiens. C’est dans ce contexte favorable que la jeune danseuse américaine Joséphine Baker débarque à Paris en 1925. Elle intègre la troupe de la Revue Nègre et surprend le public français pour la première au Théâtre des Champs Elysées.

En une seule nuit, la danseuse vêtue d’une ceinture de bananes devient l’idole de Paris. Joséphine découvre quant à elle un autre monde où sa couleur de peau ne l’empêche pas d’être une artiste reconnue. Elle sera notamment admirée par Picasso, Collette, Cocteau, Hemingway, Le Corbusier ou encore Simenon. « J’ai deux amours, mon pays et Paris » chante Joséphine en 1930 ! Après la danse, elle se lance avec succès dans la chanson et le cinéma, rien ne semble l’arrêter.

La Deuxième guerre mondiale est déclarée alors que Joséphine est au sommet de sa gloire. Elle profite alors de sa notoriété et de ses nombreux voyages à travers l’Europe pour soutenir la résistance. Elle fait notamment passer des informations confidentielles grâce à de l’encre invisible sur ses partitions de musique. Après la guerre, elle reçoit les plus grands honneurs de la part du Général de Gaulle avant de se consacrer à un nouveau combat : la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. Elle prendra notamment la parole lors de la Marche de Washington organisée par Martin Luther King en 1963.  Notre artiste rêve d’une fraternité universelle et va prouver par l’exemple que le racisme n’est qu’une question de préjugés en adoptant 12 enfants d’origines ethniques et religieuses totalement différentes qu’elle appellera sa tribu Arc-en-ciel. Son combat pour la protection de l’enfance sera l’une des nombreuses facettes de sa personnalité.

Les auteurs ont essayé d’être exhaustifs, le résultat est un bel aperçu du destin extraordinaire de Joséphine Baker. Rien n’est occulté : des grands succès aux pires échecs. Tout aussi réussi et documenté, cet ouvrage est le digne successeur des deux premières biographies dessinées de Catel et Bocquet : Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges. Joséphine Baker fut une artiste engagée, imprévisible et spontanée. Jusqu’à son dernier souffle. Une personnalité dont le message de paix et d’amour résonne tout particulièrement aujourd’hui.
A partager de toute urgence.

Catel et Bocquet, Joséphine Baker, Casterman, 2016.

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