Karpathia de Mathias Menegoz

41vwjf9aol-_sx195_Cara von Amprecht pensait pouvoir fuir la bienséance imposée par la bonne société viennoise en acceptant la demande en mariage du jeune Alexander Korvanyi. Celui-ci lui a en effet promis d’abandonner sa place de capitaine dans l’armée pour retourner sur les terres sauvages que ses ancêtres ont désertées 50 ans plus tôt. Un territoire lointain synonyme de liberté pour Cara et de privilèges pour Alexander.

Karphatia est une fresque historique de grande envergure qui prend place dans une région de l’Europe tourmentée par les légendes ancestrales, les inégalités féodales et les revendications nationales. Le retour d’un comte Korvanyi dans cette Transylvanie du XIXe siècle va raviver des peurs et des haines enfouies depuis bien trop longtemps.

En revendiquant ses droits sur la Korvanya, Alexander va provoquer, un peu malgré lui, de violentes contestations au sein de la population locale : l’équilibre est précaire entre Saxons, Magyars et Valaques et un rien peut mettre le feu aux poudres. De mystérieux événements vont ainsi parcourir la région et les réactions inexpérimentées du comte auront des conséquences désastreuses. Très vite, tout s’accélère et un ancien ennemi, invisible et insaisissable, refait surface.

Autant vous le dire tout de suite, les personnages de Mathias Menegoz n’ont rien de sympathiques. Les velléités tyranniques de Alexander et l’indifférence froide de Cara pour le sort des serfs de la Korvanya n’incitent pas à la compassion et c’est peut-être bien comme ça. Toute l’ambiguïté de Karpathia est qu’on ne sait jamais de quel côté se mettre : les serfs valaques opprimés depuis des siècles ou le jeune couple d’aristocrates qui tente de renouer avec ses racines ? En réalité, celle qu’il faut véritablement considérer comme l’héroïne de Karapathia, c’est la Korvanya elle-même. Sombre, violente et énigmatique, cette contrée vous donnera probablement des envies de voyages et d’aventures.

A réserver, toute fois, aux vrais amateurs de romans historiques. Le rythme est un peu lent mais cela permet de bien ancrer les personnages et le territoire.

Mathias Menegoz, Karpathia, Editions P.O.L., 2014.

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