Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda

Luis-Sepulveda-Le-vieux-2Antonio José Bolivar connaît bien la forêt amazonienne et ses habitants, il a longtemps vécu avec les indiens Shuars qui lui ont appris leurs méthodes de survie dans ce milieu hostile. Ancien colon désormais converti à la cause des autochtones et de leur habitat, c’est tout naturellement qu’il prend la défense des indiens lorsque le cadavre d’un chasseur est découvert près de la colonie d’El Idilio.

Il reconnaît dans les blessures du mort l’oeuvre d’un grand félin dont on a probablement tué la progéniture. Il prédit que désormais la bête, ivre de douleur et assoiffée de vengeance, va parcourir la jungle à la recherche de nouvelles victimes humaines.

Lorsque notre histoire commence, Antonio José Bolivar a près de 70 ans, mais il prétend avoir découvert l’antidote contre le venin de la vieillesse : il lit. Il a commencé à lire sur le tard avec des journaux, une biographie de Saint François ainsi que des livres de géométrie et d’histoire. Mais rien ne le transporte plus que les romans d’amour dont il se nourrit tous les jours, quitte à relire plusieurs fois le même livre.

Comme il le craignait, la tigresse attaque une deuxième fois, puis une troisième, s’approchant toujours plus d’El Idilio et de ses habitants. Un peu malgré lui, il est embrigadé dans une expédition dans le but de chasser la bête. Un roman d’amour en poche, il est rapidement abandonné par ses compagnons de route et se retrouve seul pour un tête-à-tête désespéré dont l’issu ne pourra être que tragique, pour l’un comme pour l’autre.

La plume de Sepulveda est extrêmement douce pour ce conte qui mêle poésie et prise de conscience. Il ne faut pas se laisser berner par l’apparente simplicité de ce court roman, c’est avec une grande subtilité que l’auteur y trace sa propre analyse du genre humain. C’est à travers les yeux d’Antonio José Bolivar que nous découvrons la forêt amazonienne, sa beauté, ses dangers et les hommes qui la menacent. Et au milieu de cette tourmente, entre bêtise humaine et violence sauvage, le roman d’amour comme unique havre.

Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d’amour, Métailié, 2004.

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