Porte de la Paix céleste de Shan Sa

urlShan Sa nous plonge dans le Pékin des années 1989, à la veille des événements sordides de la place Tian’anmen. Un mouvement estudiantin dénonçant la corruption et le manque de démocratie décide de marcher vers la Porte de la Paix céleste, symbole de la République populaire de Chine. A leur tête, un groupe d’étudiants dont la jeune Ayamei, pleine d’idéaux et de volonté. Sauvée in extremis par un ami d’enfance avant que les soldats n’ouvrent le feu sur la foule, elle fuira ce Pékin à feu et à sang pour protéger sa famille.

Zhao, un lieutenant de l’armée rouge, va tenter de retrouver sa trace à l’aide de son journal intime, retrouvé chez ses parents.

Shan Sa, c’est un véritable coup de foudre débuté en 2005 avec Impératrice. Depuis, chaque livre de cette auteur est comme un uppercut en plein coeur. C’est simple, elle ne rate jamais sa cible. Du coup, quand j’ai trouvé Porte de la Paix céleste lors d’une brocante, je n’ai pas hésité.

Les chapitres sont courts. Comme toujours, Shan Sa va à l’essentiel. Il n’y a rien de superflu dans son écriture, aucune longueur, seulement l’indispensable pour raconter l’horreur d’une jeune génération trahie. Grâce à son journal intime, Zhao va découvrir une jeune fille tendre, passionnée et sincère. Alors qu’il se rapproche de plus en plus de la fugitive, notre jeune lieutenant va être confronté à un sentiment qui lui est pourtant interdit : le doute.

Dans La joueuse de go, Min, un jeune étudiant de l’union de la résistance fait tourner la tête à notre joueuse de go chinoise.  Un personnage qu’on retrouve dans Porte de la Paix Céleste sous les traits du premier amour d’Ayamei. Voilà donc deux personnages portant le même nom et partageant un destin funeste. Des recherches rapides m’ont permise de retrouver cet article de l’Express où Shan Sa précise son obsession pour ce personnage récurent :

Shan SaMin a été mon premier amour. Après mon deuxième roman, j’ai voulu revenir sur l’événement Tian’anmen pour raconter de manière extrêmement crue ce que j’ai vécu. Dans la réalité, c’est moi qui l’ai trahi. […] Je l’ai quitté, parce que j’ai quitté la Chine. Après Tian’anmen, j’ai choisi de renaître en France. Pourquoi écrire à l’envers ? C’est une sorte de malice de l’écrivain. Ecrire, c’est mettre le monde à l’envers.

Encore une fois, Shan Sa fait preuve d’une douceur incroyable pour raconter un événement marquant de l’Histoire.

Shan Sa, Porte de la Paix Céleste, Editions Folio, 2000.

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